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CARINE TURLAN — L’AUTRICE

 J’aime observer, goûter, écouter et raconter. Mes histoires parlent de ce qui nous relie, de nos souvenirs et de ces petits moments qui peuvent faire naître quelque chose chez l’autre.

Portrait de Carine Turlan

UNE ENFANT DU MONDE

J’ai grandi dans le vacarme joyeux des marchés du monde. Je revois les couleurs vives des étals, les poissons brillants, le papier froissé et les mains agiles qui attrapent les poulets. Mon enfance, c’est cette mélodie de voix étrangères et d’odeurs fortes, un mélange de pays lointains où j’ai appris que chaque coin de terre a sa propre musique et sa propre façon de dire la vie.

GOÛTER LE MONDE

Manger, c’est explorer. Je me rappelle le durian : cette odeur incroyable qui rappelle presque le vomi, mais qui devient une crème douce et surprenante une fois en bouche. Ou le balut aux Philippines, ce petit poussin dans sa coquille que je n’ai jamais réussi à avaler malgré ma curiosité. Goûter, c’est accepter d’être bousculée, c’est s'asseoir à la table de l'autre pour commencer à le comprendre.

CE QUE LES MAINS TRANSMETTENT

Mes souvenirs les plus doux sont faits de gestes. Ma grand-mère italienne pressant les tomates rouges, ses mains chaudes qui pétrissent les pâtes fraîches pour les grandes tablées du dimanche, et son soin à garder chaque graine pour l'année d'après. C’est par ces mains, ces câlins et ce travail silencieux que j'ai reçu le plus beau des héritages : l'amour du partage et la valeur de ce que l'on donne sans parler.

ÉCOUTER LE MONDE

J'aime les changements de lumière et d’air. Au Danemark, je regardais la mer se retirer, laissant les bateaux couchés sur le flanc, avant de les voir revenir avec la marée. J’écoute le vent qui fait chanter les feuilles différemment selon l'heure. Écrire, c'est cela pour moi : être attentive aux murmures des choses, aux atmosphères qui changent et aux silences qui en disent long.

POURQUOI J’ÉCRIS

J’écris ce que je ne veux pas oublier.
Ce qui m’a touchée, ce qui m’a construite, ce qui nous relie.
Une rencontre, un geste, un souvenir, parfois une sensation.
J’en garde une trace, puis je les transforme en histoires, pour qu’elles puissent à leur tour trouver leur chemin jusqu’à quelqu’un.

LA NAISSANCE DE LA PLACE QUI GRANDIT

De tout cela est née La Place qui grandit.
Une histoire nourrie de voyages, de souvenirs, de famille et de ces petits moments qui restent en nous.
J’y ai déposé un peu de mon histoire, avec l’envie de laisser chacun y trouver la sienne.

RESSENTIR · RACONTER · RELIER

NOTES DE TRAVAIL

L'encre dépose.

Poussière d'encre.

Traits fragiles, traces.

L'ébauche palpite.

Grain de mot.

Le geste demeure.

L’atelier donne sur toute la maison.

LA BIBLIOTHÈQUE

Lire

LE SALON

Écouter

LA CUISINE

Goûter

LE GRENIER

Se souvenir

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